Honeymooners

Date de sortie : Avril 2010

Durée : 7 jours

Genre : Comédie romantico-satirique

Avec : Aurélie (la jeune mariée), Rémy (le jeune marié), Liberty of the Seas (le bateau), et quelques 3600 figurants (A.K.A. les autres passagers…)

Distributeur : Royal Carribean

Synopsis : La mer des Caraïbes. Un mois d’avril ensoleillé. Un jeune couple français décide d’aller poser ses bagages à Miami. Après une escapade hivernale pour aller se marier en France entourés de leurs amis et de leurs familles, Rémy et Aurélie abandonnent les thermolactiles à manches longues pour rejoindre la Floride. Nous retrouvons nos jeunes mariés 4 mois après le mariage quand ils décident qu’il est grand temps de partir en lune de miel. Pour aller se ressourcer et profiter du soleil loin des affres de la vie « miamienne », ils embarquent le temps d’une semaine sur le Liberty of the Seas.

Ce qu’en pense la presse : « Après « Wedding crashers », une comédie française sans grande intrigue mais pleine de bons sentiments. »

« Il y a le soleil, le ciel, la mer… et les jeunes mariés. Ça donne envie d’y aller. »

La philosophie du transat ou comment ne rien faire et bien le faire

Loin des cendres du volcan Eyjafjallajokull et des conspirations politico-dramatiques à l’œuvre dans les coulisses des gouvernements aux quatre coins de la planète, nous avons passé une semaine de rêve sous le soleil brûlant des Caraïbes. C’est la promesse de tous les caprices, de tous les excès auxquels nous pouvons céder, à commencer par le nombre de valises que je peux remplir sans être censurée. La règle des 23 kg ne s’applique pas et je me venge de tous ces instants de frustrations passés pour amasser chaussures et vêtements dans ma valise taillée pour aller accueillir l’équipe olympique de lanceurs de poids au complet. L’histoire nous apprendra pourtant que ma valise était loin d’être un monument quand nous découvrons les milliers de bagages oversized que traînent derrière eux nos compagnons de croisière à notre arrivée devant le bateau.

Quand le Liberty of the Seas quitte le port de Miami sous la pluie, la ligne d’horizon tangue, un trait au crayon noir qui penche à droite, puis à gauche, dans un mouvement de balancier qui me laisse impassible, forte de la pastille orange que je viens de croquer pour tromper mon oreille interne et pallier mon absence de pied marin. Les gouttes d’eau restent accrochées au ciel au-dessus de Miami, et au fur et à mesure que nous nous éloignons de la côte les traits jaunes citron des rayons du soleil colorent les nuages qui se dispersent.

Let’s play

Les contours irréguliers de South Beach deviennent flous jusqu’à disparaître derrière l’océan qui prend désormais toute la place et remplit notre champ de vision de bleu et gris. Nous desserrons les mains de la balustrade pour aller nous aventurer dans le ventre du monstre marin sur lequel nous allons flotter pendant 7 jours. Game on ! L’intérieur du bateau ressemble à un plateau de jeu géant sur 14 étages. Au détour de chaque couloir, je m’attends à voir débarquer le colonel moutarde poursuivant une octogénaire avec une clef à molette ! Nous sautons de pièce en pièce, de case en case, découvrant le spa, les restaurants, le casino, le mur d’escalade, la vague (artificielle) sur laquelle Rémy ira surfer le lendemain. Je passe sans m’arrêter sur la case lifting au botox et blanchiment des dents et je fais une pause sur les sièges de la salle de spectacle sur laquelle se produit un artiste à l’humour décapant. Nous survolons la case vente aux enchères, mais nous ne prenons pas à légère notre pause piscine et le goûter après avoir essayé des jeux vidéos démentiels dans la salle encombrée d’adolescents en train de flirter.

Dolce farniente. Durant cette semaine, la tentation était grande d’aller buller au bord de la piscine pendant de longues heures, et nous y avons céder. Mais entre transat et plage de sable fin il n’y a qu’un pas et nous l’avons vite franchit. Nous goûtons aux plaisirs retrouvés de la sieste, du goûter à 4h et pas une minute après. Les maillots de bain sèchent dans la minuscule salle de bain en attendant leur prochaine sortie plage le lendemain. Nous vivons dans notre monde à l’abri du reste du monde. Les minutes sont dilapidées avec bonheur et sans scrupule au bord de l’eau. Je compte les carreaux colorés du fond de la piscine, les gouttes d’eau sèchent au soleil sur chaque centimètre de ma peau tartinée de crème solaire. Une cerise rouge trône au sommet de nos cocktails et s’enfonce doucement dans nos verres au fur et à mesure que nous les buvons. L’air est paisible, chaud et réconfortant. Le transat est bien calé. J’ai mon livre à portée de main et mon beau marin d’eau douce qui se repose le sourire aux lèvres. Et je peux faire sans remord l’inventaire des choses qui ne se sont pas passés cette semaine : Rémy n’a pas utilisé son iPhone, nous n’avons certainement pas mangé 5 fruits et légumes par jour, nous n’avons pas suivi les aventures de Jack Bauer, nous n’avons pas vu une goutte de pluie, la température n’est pas passée sous la barre des 30 degrés, etc…

Mardi le bateau est amarré à Costa Maya et pendant qu’il fait des ronds dans l’eau, nous allons visiter les magnifiques ruines Maya de Chacchoben au milieu de la jungle. Autour de nous, l’air sent bon les clous de girofles quand nous passons sous les « allspice trees ». Notre guide mexicain n’en démord pas, la fin du monde n’aura pas lieu en 2012. Je suis un peu déçue et je commence à regretter d’avoir enduré les 3 heures du film sorti l’année dernière qui dépeignait à grands coups d’effets spéciaux l’apocalypse à venir. Dans le taxi qui nous emmène à la plage, le chauffeur de taxi se transforme en diseuse de bonne aventure et offre de nous dévoiler notre horoscope maya. Hors de question. Pendant les vacances je vis sans montre et sans calendrier maya. Je perds le fil du temps, nous touchons terre au Belize, puis au Mexique à nouveau avant d’aller poser nos serviettes sponsorisées Royal Carribean à Georgetown, Grand Cayman pour une dernière escale.

Si les paysages que nous découvrons sont splendides nous n’en oublions pas toutefois que l’envers du décor n’est pas si glorieux. A Cozumel et de façon plus marquée encore à Belize city  nous débarquons dans des ports où gravitent des dizaines de travailleurs sous-payés qui vendent des sorties plongée ou des visites de la ville, déployant les mêmes photos encore et encore pour attirer notre regard. L’indécence de cette marée humaine aisée qui se déverse dans les ports où nous faisons escale me gène parfois. Je suis consciente de la mise en scène orchestrée par des investisseurs à qui seul profite l’argent que les passagers dépensent abondamment dans les villages made in plastique reconstitués aux portes de notre paradis artificiel. Un kaléidoscope de couleurs. Un succédané d’exotisme aux mécanismes bien rodés. Le commerce du diamant attire de nombreux vacanciers qui ne passent même pas les portes du port et remontent sur le bateau une fois leurs poignets couverts de bijoux et de montres. Malheureusement les escales sont trop courtes pour aller pousser d’autres portes et découvrir le pays loin des boutiques en papier mâché.

A la fin du séjour, j’ai pris le soleil à dose homéopathique. J’ai le bronzage assorti à la crème chantilly. Rémy est bien plus bronzé, le soleil a dessiné des ombres sur sa peau zébrée. Les coups de soleil et autres signes extérieurs de vacances au soleil s’exhibent allégrement alors que la croisière touche à sa fin. 100, c’est l’indice de ma crème solaire. Les deux tubes sont vides et nous touchons terre dimanche à Miami. Et aujourd’hui lundi, caprices… c’est fini. Rémy a repris le chemin du travail. Tandis que la pluie colore la ville en gris de la terre jusqu’aux aux ciel, j’écris en regardant la pluie tomber par dessus mon écran d’ordinateur. Les nuages remplis d’eau sont statiques au dessus de Miami. Mon monde continue à tanguer alors que je danse sur la terre ferme. J’ai le sourire bien arrimé alors que je me repasse en boucle les photos de ces vacances.

Avant de poser ma plume, j’adresse un énorme merci à tous ceux qui nous ont envoyé explorer les eaux bleues turquoises des Caraïbes ! MERCI ! Grâce à vous Rémy a pris le temps de se reposer au soleil et a retrouvé sa couleur d’origine, moi j’ai enfin pu finir mon livre au bord de la piscine et j’espère pouvoir un jour passer ma première étoile (de mer) et piloter mon propre canoë !

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