La minute blonde #1 -Le passage à la caisse

Certains et surtout certaines d’entre vous m’ont réclamé des détails plus concrets sur notre vie outre-atlantique : à quoi ressemble notre meuble télé, ce qu’on mange quand le frigo est vide, quel type de lait je verse dans mes céréales le matin [demi-écrémé], … Voici donc le premier article d’une série de « minutes blondes » avec en avant première aujourd’hui : le passage à la caisse.

Ils attendent les dents blanches bien alignées, parfois boudeurs, un peu arrogants dans leurs tenues d’apparat, leurs sourires figés sur papier glacé, coincés sur le rayon, bien rangés sur la ligne d’arrivée que nous franchissons après ½ heure éreintante de course(s). C’est ma minute blonde, ma pause « inculture » sponsorisée par notre supermarché. Déjà les zygomatiques me chatouillent. Les yeux rivés 15 cm au dessus du tapis roulant sur la fresque des magazines « people » trash,  je vide mon caddie sans même y prêter attention. Le faux pain américain qui sent bon la vraie brioche vendéenne, les pommes rouges qui brillent tellement que je peux me maquiller dans leur reflet, les poivrons verts, rouges oranges, les patates douces, douces douces …

Cette fois ci, deux semaines après Ricky [Martin] et Oprah c’est Tom [Cruise] qui fait son coming out au grand désespoir de Katie qui, anéantie par ces allégations, se donne à voir les cheveux gras et le teint gris. Mariah n’ayant pas dansé de l’été est tombée en bas de page du haut de ses 200 lbs, tandis qu’Heidi exhibe son corps de Barbie post-partum. Je montre à Rémy une robe bleue électrique portée par une très blonde Gwen Stefani, « je veux la même » ! Partenaire dans le crime, Rémy attire mon attention sur les abdos kro de Wentworth Miller alias Michael Scofield. Il faisait certainement plus de sport quand il était en prison…

« Your total is $107.36 [ça coûte cher de faire briller les légumes !] ». La caissière nous sort de notre transe. Je repose le magazine en regardant par dessus mon épaule pour m’assurer que le monsieur à l’air intelligent derrière moi ne m’a pas vue dévisager avec grand intérêt la collection de maillots de bain de Lady Gaga. Et je ne peux même pas prétendre avoir lu la rubrique politique qui occupe un 1/27ème d’une page à la fin car le magazine que j’ai entre les mains est rédigé en espagnol. Tant pis. J’assume, 2 secondes, puis je cours me cacher derrière le caddie pendant que Rémy sort la carte bleue l’air nonchalant.

Morale de l’histoire : à quand un syndicat des caissières pour faire voter une motion limitant la vitesse à laquelle elles scannent les articles ? Pour leur éviter les troubles musculo-squelettiques et pour qu’enfin je puisse découvrir qui de Brad ou Angelina a fait la demande en mariage… Heureusement, les magazines people c’est comme les sapins de Noël, une fois utilisés ils seront abandonnés et je pourrai en feuilleter les pages grasses 1000 fois tournées dans la salle d’attente de mon opthalmo qui ne ressemble vraiment pas à Jude Law.

Dans le prochain épisode, nous voyagerons au royaume céleste de la grasse mat’…

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