Mon petit monde en papier

J’écris dans le sillage des fantômes, pour inventer le sens des chaînes qui m’attachent à eux

Pour ne pas oublier le temps qui passe, et les souvenirs qu’on y accroche, comme des breloques à un bracelet, des mots sur le papier

J’écris pour toi qui n’est plus et toi qui n’est pas, pour laisser une empreinte dans la nébuleuse de ce qui restera

J’écris pour remplir les vides, combler la parenthèse qui unit hier à demain

J’écris où je suis, les mots me ressemblent. Et quand le miroir m’éblouit jusqu’à me faire mal alors j’invente des histoires, inspirées d’autres ailleurs, juste un peu plus loin derrière la ligne de mon horizon

La route est encore longue devant moi et j’écris pour ne pas trébucher. Sur la pointe des pieds j’avance. Les mots sont posés, les uns après les autres, pavés irréguliers qui tracent le chemin

J’écris comme je t’aime et je dessine les sept lettres de ton nom venu s’accrocher au mien

Comme une enclume parfois la plume est lourde et je la laisse tomber

J’écris pour parler plus fort que les mots qui trébuchent au seuil de mes lèvres

J’écris comme je montre du doigt, insolente et peureuse à la fois

J’écris dans le creux de ma main, les mots que je garde secrets

J’écris des gros mots sur des tout petits bouts de papier

J’écris de longues descriptions de grandes vieilles dames avec de lourds lingots d’or aux poignets

Le temps passe sans que je m’en rende compte. C’est une marée noire d’encre qui innonde ma page blanche

 

Et quand l’absence de vous se dessine, j’écris en espérant que mes avions en papiers atterriront de l’autre côté de l’océan

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