Top (F)un – Episode One

Il est encore tôt ce samedi matin lorsque qu’Aurélie prend place à mes côtés pour partir vers Fort Lauderdale. Non pas que nous soyons tombés du lit (c’est à se demander si ce genre de choses arrivent vraiment…) mais l’avion ne nous attendra pas pour décoller, direction Alligator Everglades City. Mais quel avion ? Revenons 2 jours plus tôt pour éclaircir la situation. Je rentre du travail tres tôt (comme d’habitude) et Aurélie me propose de partir à une soiree crêpes organisée chez une francophile avec d’autres francophiles pour nous tenir compagnie. hummmm… l’odeur des crepes aurait pu m’aider à me sortir de cet état de semi-torpeur où je pense encore à la journée professionelle qui se termine mais aussi un peu à la soiree qui s’annonce. Point d’odeur pour m’aider mais devant les yeux en coeur d’Aurélie qui me supplient, je saute dans un short et nous voilà en route.

Quelques minutes plus tard, nous frappons chez notre hôte. Cette fois l’odeur des crêpes est bien présente et la soirée peut démarrer. Adios aeropuertos et autres problemas de la journée et bonjour petit vin d’Italie et crêpes en folie! Au fil des discussions rythmées où l’on enchaîne francais, anglais et espagnol, nous rencontrons Steven qui, interpelé par mon polo orné d’un bel avion Redbull, se présente et m’apprend qu’il est (lui aussi) un pilote chevronné. L’histoire aurait pu s’arrêter après les 2 heures passées à échanger sur les modèles/designs/crêpe/moteurs/sièges/crêpe/instruments/couleurs d’avions mais non; Steven va pousser mon plaisir de la soirée un peu plus loin en nous invitant à voler avec lui 2 jours plus tard pour aller déjeuner sur la côte ouest de la Floride, et plus exactement à Everglades City. Sans les 850 calories absorbées dans les dernières 120 minutes, je me serais sûrement évanoui de joie, mais c’est avec un grand sourire que j’ai proposé à Aurélie de faire son baptême de l’air (les yeux en coeur ont changé de personne). L’affaire est dans le sac dès le lendemain, Aurélie n’ayant opposé qu’une résistance limitée (ça secoue? ce n’est pas trop risqué un petit avion comme ça ? tu ne connais pas le pilote, on ne devrait peut être pas y aller ? samedi c’est jour de piscine, tu veux vraiment y aller ? j’ai regardé mon horoscope et on devrait peut être aller se balader samedi ? j’ai entendu dire que ….).

Nous voila donc sur la route de Fort Lauderdale: ciel saupoudré de quelques nuages, température dans les 30 degrés, un peu de vent, rien de solide pour se mettre entre nous et l’avion. Steve me rappelle et confirme que la méteo est ok: Houston, vous avez le feu vert.

10.15am –> « Wheels off ». Nous sommes en l’air et non, la main d’Aurélie serrée sur mon bras ne me fait pas mal… par contre les ongles oui ! Malgré l’angoisse qu’elle ressent, les yeux se tournent rapidement vers l’extérieur de la cabine pour observer les environs d’un nouvel oeil. Vues du ciel, les grandes communautés protegées si chères aux americains sont bien plus nombreuses. Des maisons qui se ressemblent sur des kilomètres, en rond, en long, et en couleurs ! Bref, la côte disparait maintenant et fait place aux Everglades. Comment le décrire … les mots qui me viennent à l’esprit sont : vert, plat, pas grand chose à voir, s-il-vous-plait-faites-que-notre-moteur-ne-s-arrête-pas 🙂 Mais non, le voyage se poursuit sans encombres et une heure plus tard, la petite piste d’Everglades City se dessine … hum, interessant: de l’eau avant la piste et de l’eau après la piste (voir ici). Espérons que le pilote connaisse aussi bien son avion qu’il le pense (les 4,500 heures de vol me mettent cependant en confiance). L’atterrissage s’accompagne de quelques virages un peu serrés pour perdre de l’altitude qui ne sont pas completement du goût d’Aurelie mais elle serre les dents depuis sa place arrière et quelque minutes plus tard, l’avion est posé. 10 minutes plus tard, le fils des propriétaires du restaurant où nous nous rendons arrive pour nous acheminer. Le 4×4 local est assez imposant et après quelques échanges sur la vie locale avec notre chauffeur, nous voila arrivés dans un petit restaurant typique des Everglades: au menu, gator nuggets tout frais, crab cakes, crevette locales ou poisson en quantité.

Le repas nous laisse à nouveau l’occasion de nous étendre un peu plus sur ces engins plus lourd que l’air qui volent. Aurelie suit tout ça d’une oreille distante, tout en s’endormant.

Après un court arrêt pour acheter des pinces de crabe (Stone Crabs, très connu pour ses pinces savoureuses avec la particularité de pouvoir repousser lorsqu’elles sont detachées pour être vendues), nous revoila dans l’avion, prêts à decoller sur une piste qui me paraît de plus en plus courte.

Les 180 chevaux du Piper Archer qui nous emmène auront finalement raison de la piste et nous revoila dans les airs pour un vols de retour agréable quoiqu’un peu agité. L’atterrissage à Fort Lauderdale est parfait (kiss landing) et la verrière de l’avion s’ouvre à nouveau pour nous laisser profiter de la brise.

Alors qu’Aurélie se remet doucement, je regarde tous ces avions et je me dis qu’il va serieusement être temps de se remettre à voler. Je ne suis pas particulierement fan des paysages qu’offre la Floride du sud mais j’espère que notre prochaine destination sera la bonne !!! Il est temps de remercier Steven et de sauter dans notre petit bolide pour rentrer. Quelle journée!

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