La vieille dame qui tricotait

Une fin d’après-midi un jardin un été

Le ciel violet se reflète dans les plumes lustrées d’un oiseau

Sur le tapis vert les cœurs jaunes des pâquerettes éclatent en mille confettis

Un peu plus loin une chaise est plantée dans les herbes folles

Assise sur le bord de la chaise la vieille dame tricote

Elle l’attend comme chaque jour

Son bel amant parti un soir de juillet

Son amour qui fut enlevé malmené anéanti

Par la guerre la haine les conflits

Et la jeune fille blonde alors l’a pleuré

Dans le jardin les saisons ont continué à venir

Et sur son front la tristesse a creusé de fines tranchées

Pourtant elle n’est pas lasse encore et elle continue à l’aimer

Et elle tricote

De ses doigts fins elle démêle les fils de son chagrin

Le soleil meurt dans un dernier rayon, un trait de lumière sur le dos de sa main qui tremble

Dans la soie de ses cils blonds une larme est emprisonnée

Et demain dans le jardin plein d’herbes folles

Sous le ciel violet dans ce petit jardin la vieille dame viendra tricoter

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