New-York, New-York…

Il suffisait d’avoir un peu de temps pour s’y perdre et ainsi apprendre à l’aimer. Apprécier un air de saxophone que l’on entend sans le voir au détour d’une rue. Plonger dans la fontaine de Washington Square au centre de Greenwich village. Rentrer par hasard dans un salon de thé aux peintures roses, curieuse de connaître les secrets murmurés qui s’échappaient par la porte entrouverte. Suivre du regard les passants, assise sur les marches du Met. Une bonne sœur qui engloutit une glace à l’eau, un monsieur bien habillé à l’air très pressé qui n’a pas l’air de rigoler derrière ses lunettes à la Clark Kent, une grande blonde qui cherche autour d’elle le blond assorti à qui elle a donné rendez-vous, une minute de plus et elle partira s’en se retourner, un peu boudeuse, presque vexée. Comme dans un grand théâtre, observer patiemment les acteurs jusque dans le moindre détail, les kaléidoscopes des sourires qui se muent parfois en un soupir triste en une fraction de seconde. Etre parmi tant d’autres, un visage sur ce tableau mouvant.

L’après-midi se prolonge. Dans Central Park nous nous laissons tomber sous un arbre géant. Allongées dans l’herbe, indolentes et paresseuses, les yeux levés vers les buildings qui s’enfuient vers le ciel immense. Un battement de paupière et les couleurs ont changé. Les reflets bleus des nuages dans les vitres de la forteresse de glace, mes ongles couleur fruits rouges sur le tapis d’herbe vert pomme qui se transforme en milliers de fines tiges dorées. Les couleurs se mélangent, les dessins que forment les ombres sur la peau blanche de ma sœur s’effacent tout doucement. A peine un souffle, une minute, un instant qui tient dans le creux de ma main et je m’endors…

(…)

PS : De retour de New-York, encore bon anniversaire à Zouzoune !

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