Du coq à l’âne

Revenons en à nos moutons, ou plus précisément à nos joueurs super carrés. Après un mois de silence, je reprends là où nous nous étions arrêtés (le football !) avec ce gros titre qui a attiré mon attention récemment : « Le Super Bowl présente un risque majeur pour la santé ». Of course me direz-vous, des joueurs taillés comme des armoires normandes qui se percutent, portés par l’adrénaline qui désinhibe leur moindre peur, le choc des corps qui se heurtent à pleine vitesse, les commotions cérébrales, les troubles neurologiques … Mais l’étude que j’ai sous les yeux n’évoque pas cette violence là, elle relate l’envers du décor et les effets du Super Bowl sur les spectateurs aux ongles rongés qui vocifèrent devant leurs télés. En effet, l’article du Journal Américain de Cardiologie fait état du nombre accru de patients décédés dans les jours qui suivent la défaite de l’équipe locale en finale du Super Bowl. Et de conclure, « le stress émotionnel en lien avec la défaite et/ou l’intensité du match mené par une équipe de football lors du Super Bowl peut provoquer des incidents cardiovasculaires mortels ». Le sport est dangereux pour la santé, à consommer avec modération !

A vrai dire je ne sais pas réellement pourquoi je vous parle encore de football un mois après le  Super Bowl. Malgré l’intérêt socio-ethnographico-culturel que j’y trouve, c’est une étrange fixation le football américain pour une fille comme moi, 1m60 d’indifférence pour ce sport et aucune idée de ce que peut bien être un touchdown. D’ailleurs ce n’est pas par là que j’aurais du entamer nos retrouvailles, j’ai laissé passer trop de temps depuis mes derniers babillages.

Alors je saute coq à l’âne et des corps musclés aux corps abîmés, ceux des étudiantes qui souffrent de troubles alimentaires. Dernièrement, je me suis penchée sur ces corps si fragiles d’avoir voulu les rendre parfaits. Des corps pesés, scrutés, épiés, usés à force d’avoir voulu trop les modeler. Les chaines sont bien lourdes aux pieds de ces jeunes femmes. Pour mon mémoire cette année, j’ai choisi de m’intéresser aux troubles alimentaires, à l’estime de soi et à cette peur de voir son corps se métamorphoser qui est si prégnante qu’elle pétrifie. Je me suis donc plongée dans les articles scientifiques ces dernières semaines afin de rendre à mon jury une ébauche de projet de recherche, et c’est donc dans les abysses de cette revue de littérature que j’avais récemment disparu. J’ai du vaincre ma peur de la page blanche et couvrir des pages entières de jargon psychologique et finalement décrire à grand renfort de mots pas sympathiques mes grandes idées hypothético-utopiques.

Mon projet a été présenté, accepté même. Malgré tout, je me réveille encore avec cette peur de la page blanche. Avez-vous déjà remarqué comme les matins ont parfois un goût d’anxiété ? Chaque journée se présente, imparfaite, avec ses attentes, ses listes de choses à faire, tous les possibles qui s’offrent à nous. De quoi vais je remplir ma page blanche aujourd’hui ? Que va-t-il se passer ? C’est effrayant parfois cette liberté à occuper, ce calendrier à remplir à chaque instant. Continuer à bouger, ne pas prendre le temps, penser à tout, penser à demain avant même d’avoir vécu aujourd’hui.

Alors pour une fois nous n’avons pensé à rien. C’est la vie toutes ces choses que je ne peux pas contrôler, tout ce que je ne sais pas, ce qui n’existe pas encore mais que pourtant j’invente en secret. Demain n’est pas encore là et pour nous changer les idées nous avons rempli deux jours de notre calendrier d’un séjour au soleil. RE-LAX ! Nous avons voyagé d’île en île à sauts de puce jusqu’à Key West, étape ultime de notre mini road trip. Vaca Key, Duck Key, Pigeon Key sont les plus animales des îles (ou keys) que nous traversons, puis viennent Big torch Key, Little torch Key, Big Pine Key, puis Key west. Mais la plus mystérieuse d’entre toutes reste certainement « No name Key », gardée par le non moins énigmatique « no name pub » ! Nous avons donc tracé notre chemin entre ces îles aux noms qui font rêver, suivant la route unique qui relie chacun de ses bouts de terre en enfilade. Pour finir, cette escapade de deux jours nous a emmené loin des questions existentielles relatives à nos agendas. Le bleu turquoise de l’océan a recouvert la page blanche des deux côtés…

(…)

Du coq à l’âne, en saut de puce, j’ai rempli suffisamment de pages blanches pour aujourd’hui et je termine par ces quelques photos du week-end dernier !

A bientôt !

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