La minute blonde – La « senioritis »

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Senioritis. Du latin senex âgé, et –itis qui signifie inflammation. Ce n’est pas une forme rarissime d’arthrite ou une inflammation spécifique aux personnes âgées. Ça n’est pas douloureux au sens physique du terme. Pas d’éruption cutanée ni de démangeaison inopportune. C’est par contre une maladie très contagieuse chez les étudiants –mais pas sexuellement transmissible. La prévalence est en augmentation forte au sein du corps enseignant également. Les symptômes peuvent durer de quelques semaines à plusieurs mois. L’incidence connaît un pic au printemps. Cette pathologie très invalidante est diagnosticable facilement grâce à des symptômes très distinctifs. En voici quelques uns :

–       nonchalance notoire (pour ne pas dire fainéantise…)

–       port intempestif de vêtements sans forme, pyjamas, et autres survêtements aux tissus tout boulochés

–       air apathétique

–       absences répétées sur les bancs de l’école

–       diminution nette du temps passé à étudier

–       etc,…

En d’autres mots, la senioritis c’est le coup de pompe de fin d’année, le « je-peux-m’endormir-sur-mes-lauriers-maintenant-que-l’année-est-presque-finie» ! Ciao, arrivederci le lycée/collège/université, j’aurai bientôt mon diplôme, à moi les grandes vacances, je n’ai plus envie de me fouler !

Ça peut paraître trivial comme information, mais que nenni ! Le mot « Senioritis » fait partie intégrante du vocabulaire de tout bipède évoluant sur un campus nord américain. Car même quand ils sont déprimés et anxieux, les étudiants qui viennent me voir en thérapie utilisent un vocabulaire qui ne figurait pas toujours dans nos livres de lycée. Au fil des derniers mois, j’ai bien heureusement maîtrisé l’art de la « poker face » : un regard assuré et un demi-sourire inébranlable que je dévoile quand les clients me décochent une expression traitre dont je ne comprends la signification qu’une fois la session terminée et wikipédia consulté. Le mot senioritis était sur toutes les lèvres récemment, celles de mes clients mais aussi de mes collègues et superviseurs. Mon stage est fini maintenant, et mon lexique s’est enrichi d’expressions autochtones éclectiques que je me réjouis de pouvoir maintenant étaler sur mon blog comme des trophées de chasse.

Pour finir, et être tout à fait honnête, je crois que je souffre moi même d’un cas de senioritis modérée à quelques mois de la remise de mon diplôme. Maintenant que mes cours sont finis, je me mets aux grasse mat’, aux avions en papier, à mon blog, au footing à petites foulées. Le matin, je traîne ma senioritis dans le starbucks d’à côté d’où je vous écris ces quelques mots. L’après-midi, je cuisine des mousses de fruits que je déguste en regardant tomber la pluie –eh oui, l’été est arrivé ! C’est une maladie douce et enivrante. J’en profite avant ma prochaine rentrée des classes … La vie est belle !

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