Il y a une vie après le déménagement (Partie I)

Déménagement, J+5

A quelques cartons près et un placard à acheter, nous voici installés dans notre nouveau chez nous. Notre appartement au 12ème étage surplombe des toits oranges et gris, des voitures bien rangées en face de pelouse passées au peigne fin. Il y a le marchand de glace qui sillonne le quartier et envoûte des enfants sur son passage au son de la lettre à Elise. Les arbres qui bordent l’horizon ressemblent à une forêt vierge derrière laquelle se cachent des maisons, des rires, des bleus aux genoux, des jeux d’enfants, des grand-mères haïtiennes assissent à l’ombre, des métros qui passent remplis de gens qui ne se connaissent pas mais voyagent si près les uns des autres, des enfants qui regardent le feu d’artifice depuis un jardin quand d’autres dorment déjà, leurs petits poings fermés blottis sous l’oreiller.

Assise sur le balcon, je devine les métros qui passent, les enfants qui rient cachés derrière les arbres. Je regarde les feus d’artifices qui explosent au loin sans faire de bruit. Une fois la nuit tombée, l’eau près de l’horizon se fond au ciel sombre, aux nuages bleus foncés, aux étoiles argentées qui flottent alors dans la baie.

Tout est nouveau dans ce nouvel appartement. L’eau de la baie qui dessine un ruban bleu près de l’horizon, les arbres, le sud, le balcon, le frigo qui s’ouvre à l’envers, la grande étagère dont je ne peux atteindre que les premiers rayons, l’odeur de la moquette du couloir, le magasin de chaussures de l’autre côté de la rue.

Et pourtant il ne m’aura pas fallu longtemps pour succomber à nouveau aux mêmes habitudes (…)

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