Un samedi matin au coffee shop

Le petit blondinet s’est écrié du haut de ses 2 ans balbutiants : « DAD, I just found my first coin EVER, it’s like a magic trick! » Il a ramassé la pièce de monnaie en dessous de la table à café et l’a fait disparaître dans son poing serré. « I’m going to keep it forever, it’s awesome! »

So cute !

C’est peut être le café qui m’active le système limbique au plus profond de mon cerveau et transforme mon cœur en chamallow. Oui le café ça me rend très émotive. Pourtant j’avais choisi un café pour grandes sensibles : « costa rica », seulement une étoile sur l’échelle de Richter de la force sismique du café. Mais je dois bien l’avouer, c’est juste une excuse pour pouvoir monopoliser pendant des heures un des canapés du coffee shop. Mon préféré c’est celui à l’entrée. Jaune (un peu) délavé. Vue plongeante sur les baristas et les clients qui passent leurs commandes en ce samedi matin de canicule printanière.

Je suis arrivée avant l’heure de pointe. Mais maintenant des groupes de blondes quinquagénaires commencent à déferler après leur footing matinal, toutes en shorts fluos et potins du quartier. « Est-ce que j’ai manqué quelque chose pendant que je commandais mon café ?! Vous auriez pu m’attendre pour commencer à raconter ! » « C’est pas mon style d’être méchante mais tu as entendu comme moi ce qu’elle disait… »

Moi ça me passionne de les écouter et je fais semblant de lire pour mieux continuer à les épier. Un autre groupe vient d’entrer. Elles parlent d’un pays où ils vendent des cookies « Obama », et puis d’études éthologiques sur des singes, je suis tombée sur un groupe de sportives intellos ce matin.

De l’autre côté de la table à café, des ados se prennent en photos. Elles devraient enlever le flash, ou leurs lunettes, elles vont être loupées leurs photos.

J’espionne d’autres clients par dessus l’écran de mon ordi, tout en lisant d’un œil distrait les gros titres de mon article. « Neuroimaging studies of bilingual expressive language » Puis c’est le coup dur. Je viens d’apprendre au détour de la section « résultats » de ledit article que je ne parlerai jamais couramment anglais car j’ai loupé la période critique pour l’acquisition d’une seconde langue. Sad times…

Une copine vient d’arriver après son cours de yoga. Je lui prête un bout du canapé. C’est chouette la vie d’étudiante en doctorat.

En direct du coffee shop…

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